A Taiyaki ライフ

06 avril 2020

[J'ai (enfin) lu...] La Machine à Explorer le Temps

Ah ! Le voyage dans le temps. Facilement l'un de mes thèmes de fiction préférés, et pourtant, je n'avais pas encore lu l'un des plus grands classiques du genre, The Time Machine : an Invention de H.G Wells, originellement publié en 1895 (j'ai lu une traduction française, faite elle dans les années 50).

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Il faut dire que niveau S.F, je n'ai pas lu grand-chose, et la liste se réduit d'autant plus si l'on ne prend en compte que les oeuvres de la fin du XIXe/début XXe. Quand je me suis procuré ce livre, c'était totalement à l'aveugle : je ne savais pas du tout ce qu'il racontait – genre, vraiment pas du tout vu que personne ne me l'a jamais raconté, et j'ai été plutôt surpris !

Un groupe d'amis passe du temps ensemble, et l'un d'entre eux, un excentrique surnommé "l'Inventeur" par le premier narrateur, prétend avoir fabriqué une machine à explorer le temps. Il les invite chez lui à dîner peu de temps plus tard pour leur montrer son invention... mais L'Inventeur n'est pas présent.
Et lorsqu'il arrive enfin, il est sale, épuisé, amaigri et blessé, comme s'il avait fait un très long voyage dangereux...  Il s'assoit alors et se met à raconter son histoire, qui représente la majeure partie du livre. Le récit d'une très longue semaine dans un futur extrêmement lointain – l'année 802701 pour être précis ! – durant laquelle il a vu ce qu'il était advenu de l'Humanité. Un voyage qui se présentait plutôt bien, jusqu'à ce qu'il perde sa machine et ne se mette désespérément à sa recherche pour pouvoir rentrer chez lui...

C'était plutôt drôle pour moi, parce que ça ne ressemblait à rien des récits "futuristes" que j'avais déjà lus ; le futur que conte le narrateur n'a tellement rien à voir avec ce que nous connaissons que ça aurait pu être une toute autre planète (il y avait d'ailleurs certaines choses que j'avais du mal à me représenter haha). On est dans le récit d'aventure, où le narrateur doit survivre jusqu'à mettre la main sur sa machine et rentrer dans son époque.
Il raconte ses découvertes au fur et à mesure ainsi que les conclusions qu'il en tire, tentant d'analyser le fonctionnement de ce monde futur en faisant des parallèles avec la société du XIXe siècle, se demandant de quelle façon la société a évolué au fil des millénaires pour parvenir à ce résultat.

Pour être honnête, je n'ai pas autant accroché que je l'aurais voulu, mais ça restait une lecture intéressante ne serait-ce que par le fait de voir un futur imaginé et des raisonnements tenus par un homme du XIXème siècle, qui ne sont parfois pas si éloignés des débats que l'on aurait aujourd'hui. Après, le "futur" (surtout aussi purement fictif car si éloigné de tout ce que nous connaissons) et le récit d'aventure n'est pas trop ma came de base donc la lecture est vite devenue un peu longuette... mais s'agissant d'un petit roman d'environ 150 pages, il aurait été dommage de passer à côté. Voilà qui comble l'un des trous du gruyère de ma culture générale !

 

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01 avril 2020

[J'ai (re)lu...] Kokoro (Le Pauvre Coeur des hommes)

Comme certains d'entre vous le savent, j'ai passé 8 ans en fac de japonais. Ce fut long. Mais surtout, j'ai passé trois ans (quatre, si on compte l'année au Japon où j'ai dû un minimum m'y intéresser aussi bien que cet investissement ne fut que minime) à étudier et écrire sur Natsume Sôseki, un écrivain du XIXe/début XXe siècle dont on avait déjà lu quelques oeuvres en classe en licence.

Mon premier mémoire (M1) portait sur Sanshirô, le second (M2 – pendant deux ans) sur Oreiller d'Herbes (ou plutôt ses traductions françaises, car il s'agissait d'un mémoire de traductologie). Mais avant de déterminer les oeuvres sur lesquelles j'allais travailler, j'avais lu par curiosité Kokoro – connu en France sous le nom de Le Pauvre coeur des Hommes. Tout un programme.

Et finalement, Kokoro reste mon préféré ; il est d'ailleurs le préféré de beaucoup de monde puisqu'il est considéré comme sa plus grande oeuvre... ainsi que sa dernière avant sa mort.

Aoi Bungaku - la déchéance d'un homme - Coin en bois

(couverture pour une édition récente par Takeshi Obata, en rapport avec la série animée Aoi Bungaku)

 

Qu'est-ce que ça raconte ?
Nous sommes environ en ~1910-12. Le narrateur, un lycéen (puis étudiant) rencontre un homme d'âge mur et se met à le considérer comme son mentor – on ne connaît pas le nom de cet homme, mais il est appelé "Maître" (d'ailleurs laissé comme "Sensei" dans la traduction anglaise) tout le long du livre. On ne sait pas bien ce que fait cet homme un peu étrange, qui vit en marge de la société, avec juste sa femme qui ne le comprend pas très bien ; il semble cacher un lourd passé qu'il refuse à toute fin de révéler et considère les choses avec un étrange détachement, qui agace parfois le tout jeune narrateur qui n'a pas encore d'expérience de la vie.

Mais le narrateur reste néanmoins admiratif de cette personne à qui il va souvent rendre visite, jusqu'à ce qu'il doive retourner auprès de ses parents à la campagne pour aider son père gravement malade. Mais un écart se creuse entre le narrateur et sa famille de campagnards, sa vie et sa conception des choses désormais influencée par la vie Tokyoïte et les enseignements du "Maître"...

Le pauvre Coeur des Hommes (Kokoro) (1954) de Kon Ichikawa - Shangols

Kokoro est un roman assez compact qui peut décourager à première vue (et j'avoue que la traduction qui s'efforce au maximum de prendre un ton "écriture du XIXe siècle" et rend les dialogues -très- peu naturels n'y est pas étrangère... mais il n'y a pas deux Sôseki traduits pareils, donc on fait avec) mais qui se lit en réalité assez facilement, notamment en raison des chapitres très courts, dû au format épisodique – car c'était, à la base, un feuilleton publié dans un journal.
Comme beaucoup de ses autres oeuvres, c'est un roman qui se lit doucement, qui prend son temps pour raconter les choses, mais qui réserve néanmoins un détail intéressant à chaque chapitre, tandis que la situation avance progressivement jusqu'au dénouement. Et bien vite, on se retrouve à la fin !

Notons qu'il existe une adaptation animée (avec Takeshi Obata au character design, qui a également dessiné la couverture ^ cf l'image plus haut), plus précisément deux épisodes de l'anime Aoi Bungaku qui a pour but de faire découvrir les classiques littéraires japonais.
Le problème, c'est qu'en plus d'être très libre, cette adaptation ne concerne que la toute dernière partie du livre, le passé du Maître... Je déconseille donc fortement de la regarder avant d'avoir lu le livre !

 

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24 mars 2020

[J'ai (enfin) lu...] The Strange Case of Dr Jekyll & Mr Hyde

Bonjour bonjour ! Ça fait un moment que je voulais parler lecture sur ce blog, j'avais juste soit pas le temps, soit la flemme de me lancer. 

Sans trop de rapport avec le confinement général (vu que ça ne change rien à ma vie actuelle), j'ai enfin comblé une lacune de ma culture générale en me décidant à lire le roman original de Dr Jekyll & Mister Hyde, ou plutôt, The Strange Case of Dr Jekyll & Mister Hyde de R.L Stevenson (L'Ile au Trésor, entre autres... d'ailleurs, je l'ignorais !)
Oui, moi, pourtant obsédé depuis toujours par les scientifiques et par les doubles personnalités, il m'a fallu tant d'années...

Un petit livre donc, d'environ 120 pages. Bien sûr, comme tout le monde (?) je connaissais vaguement l'histoire, à travers ses nombreuses parodies et adaptations – mais en fin de compte, je n'avais jamais lu l'original.
Pour ceux qui n'auraient pas lu le livre ou vu d'adaptation relativement fidèle, on peut résumer ainsi : Un avocat du nom de Mr Utterson a reçu un testament de la part de son vieil ami le Dr Jekyll, dans lequel il demande à ce que ses biens soient légués à Mr Edward Hyde s'il venait à mourir ou disparaître.
Comme ce certain Edward Hyde semble fort peu recommandable, Utterson s'inquiète pour Jekyll, se demandant quelle relation ils peuvent entretenir pour qu'il laisse l'accès de sa maison à cet homme repoussant et violent – les choses s'aggravant lorsque Hyde finit par commettre un meurtre un an plus tard.

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De fait, on ignore (ou plutôt, on est censé ignorer) que Jekyll & Hyde sont bien effectivement une seule et même personne avant le dernier chapitre du roman, dans lequel Utterson lit la lettre de Jekyll qui explique, en détail, tout ce qu'il s'est passé depuis le départ. Et encore, la lettre ne détaille en aucun cas les divers agissements de Hyde, en dehors du meurtre.
Personnellement, l'adaptation que j'avais vue reprenait les évènements dans l'ordre chronologique, avec beaucoup d'ajouts... ce qui est naturel pour une adaptation cinématographique, mais j'étais donc plutôt surpris de voir que toute l'histoire est censée être, eh bien, le twist final (rires). A l'écrit, il y a une réelle tension qui monte progressivement jusqu'aux révélations, Utterson cherchant à comprendre ce qu'il se passe, plongeant de plus en plus dans l'absurdité.

C'est amusant de se dire qu'au final, l'histoire entière du Dr Jekyll ne concerne que le dernier chapitre du roman, dans une simple lettre. C'est un peu la situation de Kokoro de Natsume Sôseki dont j'avais vu une adaptation animée qui, au final, ne reprenait que la toute dernière partie du livre... (d'ailleurs là aussi, il s'agissait d'un testament/lettre).

J'étais aussi plutôt étonné de constater que Jekyll avait en réalité, du moins au début, conscience de ce qu'il faisait en étant Hyde et profitait simplement de cette seconde apparence/identité pour céder à ses pulsions. Avec toutes les versions un peu dans tous les sens (plus ou moins éloignées de la réalité), je m'étais mis en tête que Hyde avait un contrôle plus ou moins total sur les agissements de Jekyll, mais j'avais tout faux (rires). Bien qu'effectivement, il finisse par perdre les pédales et que la limite entre les deux finisse par devenir floue. On a tout de même l'impression (et c'est fort probablement le but) de voir quelqu'un qui rejette la faute sur quelqu'un d'autre pour ne pas avoir à assumer ses propres actes.

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Enfin voilà ; ce n'est peut-être pas un article très constructif, mais si vous n'avez pas lu le roman, je le conseille fortement ne serait-ce que pour voir par où tout a commencé. Lorsque j'étais pré-ado, j'avais lu l'extrait de la transformation à la fin d'un autre livre, en guise de publicité ; depuis, j'avais toujours pensé que ce passage se trouvait au tout début alors qu'il s'agit de la fin, haha ! C'était différent de ce que j'imaginais, mais je pense que c'était finalement encore mieux que ce à quoi je m'attendais.
Et puis, 120 pages... on ne peut pas dire que c'était chronophage !

 

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05 janvier 2020

Bonjour tout le monde !

Ça fait un moment que j'ai pas écrit de post.

En fait, je voudrais faire le point sur Ici chez Toi, webcomic abandonné et repris sous forme de roman illustré. (Ou peut-être de light novel à la franssaize selon la manière dont je vais le publier lol).
Parce qu'il y a des nouveaux ici (coucou) qui ne connaissent pas ce projet, et parce que j'aimerais faire le point sur son avancement et sur ce qu'il s'est passé ces dix dernières années.

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"Ici chez Toi", c'est quoi ?

Ici chez Toi, c'est l'histoire d'un esprit d'origine inconnue venant d'un monde parallèle qui, se faisant bannir de chez lui suite à "un incident" dont il serait le responsable, se retrouve dans un corps humain chétif et malade, privé de ses pouvoirs et complètement affaibli. Il se fait recueillir par une adolescente du nom d'Éléonore (dite Éléo par ses amis et sa famille) qui vit seule depuis que ses parents sont partis en voyage d'affaire, et qui décide de s'occuper de lui jusqu'à son rétablissement malgré ses protestations. Par contre, son ami d'enfance Lucas ne voit pas la présence de la "chose" sous son toit sous un bon oeil... Mais serait-ce seulement là de la jalousie, ou l'humanité court-elle réellement un danger ? Disparitions, climat qui s'emballe... C'est le début d'une longue enquête.

A la base, c'était une histoire que j'avais créée sur un coup de tête alors que j'étais au lycée. On avait déjà le principal : notre héros (mais qui était en plus grande forme), Éléo (qui s'appelait déjà Éléo) et Lucas... qui ne connaissait pas Éléo. Le but ne volait pas très haut, j'avais juste besoin d'un personnage pour poser des mots sur la façon dont je voyais le monde de mes yeux d'ado trodark et frustré qui voulait se venger de tout ce qui bouge (rires).
Mais il n'y avait pas que ça, j'étais aussi fasciné par l'écart entre notre esprit et notre corps, qui en fin de compte, nous limite tant. Si on mettait une âme qui n'a jamais eu de corps aux commandes de cette machine ultra-compliquée ?

J'ai fini par développer cet aspect davantage. Les thèmes comme la variété de l'espèce humaine et les relations entre les personnes sont encore présents, mais de façon moins sèche, moins abrupte.

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8000 versions sous les mers

J'ai fait plein de versions. Ça devait être une série de romans courts. Puis un one-shot. Puis un roman. Puis une BD. Puis une autre BD. En 2013, j'avais fini par balancer les personnages sur mon blog avec un strip qui n'a pas grand-chose à voir avec la série actuelle, et j'ai continué à partir de 2015... jusqu'en 2017, je crois. Fin 2017, j'avais très honte des tout premiers chapitres et l'histoire avançait de façon un peu hasardeuse (j'avais loupé à peu près tout le foreshadowing que j'aurais dû caser, parce que j'ai réfléchir à un moyen de finir l'histoire que... un moment après le lancement), alors j'ai décidé de refaire la BD pour Mangadraft, en version "potable".

Mais encore une fois, je suis TRES mauvais scénariste de BD, et je fatigue vite. Je passe trop de temps par page, ça me gonfle, et ça me gonfle aussi d'écrire tout à l'avance pour tout remettre finalement en dessins (bien que ce soit une étape obligatoire, on fait pas une BD à l'aveuglette... et pourtant!! ah bah oui, bravo !). Il y a des choses que j'ai reprises de l'ancienne version qui, en réalité, ne me conviennent plus du tout. J'aurais dû être plus ambitieux et changer plus de détails au début - mais ce qui est fait est fait.

Donc... "j'en ai marre des BD, c'est décidé : ce sera un roman."

Vous allez dire : Bon, on te donne combien de temps jusqu'à ce que tu changes d'avis ? Mais cette fois, je tiens le bon bout. Sisisi.
Il y aura des différences avec les versions BD. Des différences qui changent plus ou moins considérablement le reste du récit, pour, croyez-moi, le mieux. Je compte séparer l'histoire en trois arcs... on verra si je peux m'y tenir ! J'ai hâte que vous découvriez les personnages adultes, qui n'ont pas pu faire leur apparition dans aucune des deux versions de la BD.

Actuellement, il y a environ 140 pages d'écrites (mais seuls les tout premiers chapitres sont, a priori, entièrement terminés). Je devrais pouvoir faire un premier tome d'environ 300 pages (ou +) avec le premier arc.

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Le scénario global en lui-même est planifié depuis l'été 2018, grâce à l'aide de Darts qui m'a lu déblatérer toutes mes idées sur Discord pendant les vacances. C'est pourquoi je suis plus confiant cette fois sur le destin de ce projet qui a beaucoup trop tourné en rond pendant toutes ces années.

Mais tourner en rond n'a pas été un mal : il s'est passé beaucoup de choses dans cette décennie, des évènements qui me sont arrivés personnellement et qui m'ont permis de mettre davantage de profondeur et de vécu dans les situations et les personnages.
Bien sûr, je patine toujours, écrire est un exercice compliqué. Mais je pense que l'écriture de mon mémoire pendant deux ans m'a donné la patience d'affronter n'importe quel travail écrit de longue haleine qui prend la tête (rire).

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19 octobre 2019

Bonjour tout le monde !

C'est une petite réflexion que je me suis faite après le Arras Matsuri sur Facebook, mais autant le mettre également sur mon blog.

 

Je fais très peu de festivals. En fait, j'ai juste exposé lors d'évènements à l'université et le Arras Matsuri de 2018, et la fête de l'école japonaise de Villeneuve d'Ascq deux années de suite (donc un contexte légèrement différent d'un vrai festival, même si le public était relativement le même qu'au Matsuri : des familles et des enfants).

Après le Matsuri de cette année, j'avais un feeling un peu mitigé : pas à cause du festival, non ! Il est au top comme d'habitude. En fait, comme d'habitude, j'avais mes tirages d'illustrations sur papier photo, mon print A4. (illustrations 100% originales mais ce n'est pas le sujet, ce n'est clairement pas un énième ouin ouin les fanart - mes voisins ne faisaient pas de fanart non plus, haha).

Je faisais aussi des portraits de gens, "façon manga", chose que je fais depuis l'an passé. Cette histoire de portraits est tombée complètement par hasard ; pendant le matsuri de 2018, une dame m'avait demandé si je savais dessiner les vrais gens, et ça s'est vite enchaîné. Encore aujourd'hui, je suis étonnée d'avoir autant de succès avec les portraits - en fait, les gens pensent que je m'entraîne exprès alors que pas du tout, j'en fais juste pour l'occasion ! Je ne dessine jamais de personnes réelles dans l'année. D'ailleurs, je devrais peut-être, parce que 2 jours de dessin d'observation sous speed par an, c'est pas lourd.

Qu'on se comprenne bien : cet engouement fait plaisir, parce que ces personnes me font confiance pour réaliser leur portrait, et sont en général heureux du résultat. Ca signifie beaucoup pour moi en termes de validation de "technique" et de "skill".

Alors pourquoi il y a un truc qui me chiffonne ? Simplement, l'an passé (Matsuri 2018) pas mal de gens s'intéressaient à mon travail en dehors des portraits. Ils feuilletaient les zines, ils commentaient les illustrations. C'était fou parce que je pouvais à la fois faire connaître mon univers et mes passions, et en même temps réaliser des portraits et rembourser mes frais.

Or, cette année, et il s'agit d'une simple comparaison, ce n'était pas le cas : aux personnes sortant de mes cercles d'amis et lifelong supporters (coeur sur vous) je n'ai vendu que des portraits. Et même sans parler de vente : il y a dû y avoir, sur deux jours et beaucoup de gens, moins de 3-4 personnes à s'intéresser aux tirages (et une seule personne a feuilleté les zines, haha. Ouais, je compte pas le vieux monsieur qui l'a rejeté avec un air dégoûté comme s'il avait tenu un truc dégueulasse).

Je voulais pas que ça m'affecte, parce que je me disais "c'est pas grave, j'ai qu'à imprimer moins les prochaines fois, maintenant que je sais que les portraits marchent et le reste non. Le reste servira de déco". Parce que je sais pertinemment que les prints, c'est dur à faire partir, surtout sur de l'original. Mais le dialogue, à part avec certains clients qui patientaient pour leur portrait, était inexistant. C'est plutôt ça qui m'a affecté. Le public savait ce qu'il voulait : "c'est vous qui faites les portraits ?"

Je sais également que c'est difficile de vendre de l'original lorsqu'on a pas le manga ou le bouquin à présenter avec, c'est quelque chose que je prends en compte. Mais je ne peux pas m'empêcher de repenser à tous les dialogues que j'avais eu avec des clients et non-clients les autres fois, où j'étais dans les mêmes conditions. J'en suis venue donc à réaliser que la validation du "skill" technique était une chose, mais la validation de la création en était une autre. Parce que quand je fais des portraits, je ne créée pas.

Je pensais pas spécialement à tout ça avant cet après-midi, mais ça m'a sauté aux yeux quand je suis passée dans la librairie spécialisée du fantastique et de l'imaginaire où j'ai mis mes prints A4 en vente il y a quelques mois. Je m'attendais strictement à rien, mais un exemplaire sur 4 a été vendu. Quelqu'un, d'inconnu, avait acheté mon print !!!! Le libraire m'explique donc que avant et pendant le Matsuri, pas mal de gens avaient commenté l'illustration en disant que c'était joli, etc. Il était d'ailleurs étonné quand je lui ai dit que je l'avais mis sur mon stand, mais que personne ne s'était attardé dessus ou n'avait engagé la conversation par rapport à mon travail. La timidité de parler directement à "l'artiste" ? Le côté "pressé" du festival, avec la foule de gens ? Je pense qu'il y a plusieurs facteurs. Toujours est-il que des gens avaient faits part de leurs impressions au libraire qui me les a retransmises, et ça m'a fait énormément plaisir.

Je sais que les gens n'aiment pas quand on dit ça, mais j'ai confiance en mon travail. Après, je n'ai pas grand chose à perdre : depuis que j'ai abandonné l'idée de devenir professionnel, je suis beaucoup plus cool sur le sujet car je n'ai pas à faire du chiffre nécessairement. Cet été, mes prints avaient été exposés à un petit festival à Liège (je n'étais pas là) et je n'avais absolument rien vendu au public sur place, c'est ce qui m'avait convaincu d'arrêter de me prendre la tête avec ça.

Le problème, c'est que je n'ai plus envie de faire des portraits sur place, parce que ça distrait les gens de la principale raison de ma venue : exposer mon travail et faire découvrir mon monde. Si je pouvais, je viendrais juste vendre mes tirages (je peux pas, bien sûr, sinon je ne pourrais jamais rentabiliser !). Il faudrait que je trouve un juste milieu. J'ai prévu aussi de vendre des livres bien sûr, mais il faudrait que je les finisse et aie l'argent pour les imprimer sans avoir mal au ventre à l'idée de faire un énorme bide comme avec les tirages.

Je tiens à préciser que je ne blâme pas les clients personnellement : la plupart étaient adorables et appréciaient me regarder dessiner !! Il y a même une famille qui m'a offert des melon pan (oui je sais, je dis toujours qu'il faut pas accepter de manger des inconnus, mais ils venaient de la boulangerie que je connais et l'emballage pouvait en attester haha). C'est plus une observation d'une /tendance/ qui me mène à devoir reconsidérer certaines choses autrement pour l'avenir. En tout cas si j'avais été un peu découragée, mon passage à la librairie m'a requinqué, donc tout va bien !

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25 septembre 2019

Bonjour tout le monde !

 

Je n'ai peut-être pas pu partir de twitter (en même temps, 100% de mes missions freelance tous domaines confondus viennent de Twitter, ce serait me tirer une balle dans le pied plutôt phénoménale que de claquer la porte), mais ça fait trois mois que j'ai réduit mon utilisation au strict minimum.

Mais en vrai il n'y a pas que ça qui a changé. Maintenant j'ai l'impression que toutes ces années à passer mon temps dessus n'étaient qu'un rêve fiévreux. Je réalise également avec un certain effroi que beaucoup de choses que je disais ou faisais (en bien ou en mal, sur 7 ans...jusqu'il y a 3 mois, j'en ai raconté des bêtises, par ennui, par déprime, par rage, par instinct grégaire) étaient grandement influencées par le climat général. Les blagues que je faisais en 2014 me dégoûtent aujourd'hui, mon comportement idiot de 2012 me gêne... et les choses qui m'offensaient en 2018 ne méritent pas mon temps.
J'ai l'impression de m'être retrouvé et, malgré ma certitude pourtant auparavant de ne pas être influençable, d'avoir fait le tri entre ce qui est réellement important pour moi et ce que j'avais envie de dire pour rebondir sur des sujets qui tombaient sur ma TL. Je pense qu'il est difficile de lutter contre l'ambiance de groupes générale du site, c'est pourquoi je ne m'en rendais pas bien compte.

Tout ça pour dire que, même si je réfléchis toujours et réagis en voyant certaines choses, j'ai arrêté d'en faire ma priorité. Ma priorité, c'est moi, c'est ma propre vie, mes amis proches, mon travail et mes évènements IRL, comme disent si souvent la plupart des gens après un sevrage de rézosocio lol. J'ai bientôt 27 ans, et je pense qu'il arrive un moment où on ne peut plus vivre comme ça. Du moins c'est mon cas.

Je ne refollowerai pas mes anciens mutuals. D'ailleurs, certaines personnes étaient mes amies sans être mes mutuals - c'est qu'un truc d'internet, ça. Je n'ai juste pas besoin de voir des gens 24h/24 7 jours sur 7. Je suis (re) devenue asocial, c'est vrai. C'est mieux. C'est vraiment moi.

Portez-vous bien et faites attention à vous

 

Ake

 

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